
saint Isidore de séville
Saint Isidore de Séville est le petit frère de saint Léandre, évêque de Séville, (fêté le 27 février), de saint Fulgence, (évêque d'Astigi en Andalousie, fêté le 14 janvier) et de sainte Florentine, (abbesse, fêtée le 28 août).
Il perd ses parents très jeune, et Léandre, studieux et austère, crée autour de son frère un contexte familial fait d'ascétisme et de travail exigeant, le tout avec une grande affection.
Cependant, l'époque veut que le bâton ou le fouet serve parfois à motiver l'élève qui ne parvient pas à progresser, et précisément, Isidore trouve peu d'attraits dans l'étude des lettres… Ne goûtant point le bâton et redoutant encore plus le fouet, il finit par s'enfuir secrètement de l'école. Après avoir longuement erré, il s'arrête exténué de fatigue et de soif au bord d'un puits. Tout en se reposant, il regarde de curieux sillons creusés dans la margelle du puits, sans comprendre comment ils se sont formés. Une femme venant pour puiser lui explique que c'est le frottement de la corde remontant le seau qui a usé la pierre. Le jeune fugitif en conclut que si une corde peut user une pierre, l'étude finira par vaincre la dureté de son esprit et creuser aussi son sillon.
En effet, une volonté ferme et un travail sans relâche ont raison des difficultés qui le rebutaient, et le développement de ses facultés intellectuelles fait que l'élève finit par dépasser ses maîtres. Son érudition et sa sagesse sont de notoriété, tous s'émerveillent, et le pape Grégoire le Grand ayant lu une des lettres d'Isidore, à la pensée et au style remarquables, s'écrie : "Voici quelqu'un qui dépassera Salomon !"
À la mort de Léandre, Isidore lui succède comme évêque de Séville, pendant près de 40 ans.
Plein de zèle et d'amour pour son peuple, il gouverne avec un grand dévouement son diocèse, prêche, enseigne, exhorte et défend partout le droit et la justice.
Il laisse aussi des écrits volumineux. On y trouve les méditations sur son conflit intérieur permanent, partagé entre le désir de solitude, et les exigence de la charité envers ses frères, se sentant responsable de leur salut en tant qu'évêque : "Les hommes de Dieu ne désirent pas du tout se consacrer aux choses séculières et gémissent lorsque, par un mystérieux dessein de Dieu, ils sont chargés de certaines responsabilités... Ils font tout pour les éviter, mais ils acceptent ce qu'ils voudraient fuir et font ce qu'ils auraient voulu éviter. Ils entrent en effet dans le secret du cœur et, à l'intérieur de celui-ci, ils cherchent à comprendre ce que demande la mystérieuse volonté de Dieu. Et lorsqu'ils se rendent compte de devoir se soumettre aux desseins de Dieu, ils humilient le cou de leur cœur sous le joug de la décision divine".
Il trouve aussi dans l'exemple du Christ une juste orientation de vie : "Le sauveur Jésus nous offrit l'exemple de la vie active, lorsque pendant le jour il se consacrait à offrir des signes et des miracles en ville, mais il montrait la voie contemplative lorsqu'il se retirait sur la montagne et y passait la nuit en se consacrant à la prière". À la lumière de cet exemple, il poursuit : "C'est pourquoi le serviteur de Dieu, en imitant le Christ, doit se consacrer à la contemplation sans se refuser à la vie active. Se comporter différemment ne serait pas juste. En effet, de même que l'on aime Dieu à travers la contemplation, on doit aimer son prochain à travers l'action. Il est donc impossible de vivre sans la présence de l'une et de l'autre forme de vie à la fois, et il n'est pas possible d'aimer si l'on ne fait pas l'expérience de l'une comme de l'autre".
Il meurt très saintement le 4 avril 636, et en 653, il est évoqué au Concile de Tolède comme "l'Illustre maître de notre époque, et gloire de l’Église catholique". Il est Docteur de l'Église.
Sur la base de son ouvrage "Etymologies", dont la structure rappelle celle des bases de données, il est proclamé, en 2002, saint patron des informaticiens, et d'internet.
À son exemple, sachons chercher et trouver Dieu aussi bien dans l'action que dans la contemplation, sachant que jamais Il ne s'éloigne de nous, à moins de le chasser par notre péché ; Car, ainsi qu'Il le disait à sainte Catherine de Sienne : "Je ne m'éloigne jamais que de ceux qui les premiers s'éloignent de moi."

bienheureuse Alèthe de Montbard
(Aleth, Alette, Alex)
Née vers 1070, elle était la fille du comte de Montbard en Bourgogne. Elle avait épousé, à quinze ans, Técelin, le seigneur de Fontaine, près de Dijon. Ce fut un ménage merveilleux de tendresse et de pureté. Elle donna le jour à six fils et une fille (sainte Ombeline). En raison des absences de son époux, au service du duc de Bourgogne, ce fut d'elle qu'ils reçurent leur éducation et leur foi. L'un de ses fils résume en lui les vertus de sa mère, saint Bernard, né en 1090 à Fontaine-les-Dijon dont l'austérité et la dévotion mariale viennent en droite ligne de l'exemple donné par sa mère.
Ses reliques furent transférées à Clairvaux en 1250.